Vous allez être opéré...

Vous devez bénéficier prochainement d’une intervention de chirurgie cardiaque. Voici quelques éléments destinés à vous informer sur les bénéfices et les risques de ce type d’intervention.

 

Une intervention de chirurgie cardiaque mobilise une équipe (chirurgiens, anesthésistes, réanimateurs, cardiologues, infirmières spécialisées et techniciens en circulation extra-corporelle) hautement qualifiée dont l’objectif est de vous procurer toutes les garanties de qualité et de sécurité de la chirurgie actuelle.

Selon la maladie que vous présentez, l’acte chirurgical portera sur les valves du coeur, les vaisseaux du coeur, sur le muscle du coeur, les structures intra-cardiaques (en cas d’anomalie congénitale) ou sur les gros vaisseaux qui sortent du coeur, plus rarement sur les voies de conduction du coeur. La plupart de ces interventions sont complexes et nécessitent une anesthésie générale, l’introduction de cathéters dans les veines du bras et du cou et dans l’artère radiale (poignet), de sondes urinaire, gastrique et trachéale, une respiration artificielle, une circulation extra-corporelle.

Le délai d’une intervention de chirurgie cardiaque varie de 3 à 5 heures. Dans certains cas, il peut atteindre 8 heures ou plus. La réanimation postopératoire dure en moyenne 2 jours. La durée totale de l’hospitalisation est en moyenne de 8 à 10 jours.

 

LES BÉNÉFICES D’UNE INTERVENTION SUR LE COEUR

En cas de rétrécissement sur les artères coronaires, le pontage améliore la perfusion du muscle cardiaque, diminue ou supprime l’angine de poitrine et réduit le risque d’infarctus.

S’il existe des lésions des valves cardiaques, la réparation ou le remplacement des valves permet au coeur de retrouver des conditions normales de fonctionnement. Vous serez alors moins essoufflé et/ou moins fatigué au repos comme à l’effort.

La chirurgie des gros vaisseaux Consiste le plus souvent à remplacer une portion vasculaire malade, afin d’éliminer tout risque de rupture (et de mort immédiate) ou d’embolie.

Toutes ces interventions ont pour objectif d’éviter le risque de décès et de vous permettre de retrouver une vie personnelle et professionnelle normale ou proche de la normale.

 

LES RISQUES D’UNE INTERVENTION SUR LE COEUR

Le risque opératoire est conditionné par l’importance du geste à effectuer, l’état de votre muscle cardiaque, votre âge et votre état général. Gardez toujours en mémoire que le risque spontané de votre maladie cardiaque est plus grave que le risque de l’opération.

Après une opération du coeur, des complications peuvent survenir. La liste suivante n’est pas exhaustive, certaines sont exceptionnelles.

Le risque de décès existe pour toute opération de chirurgie cardiaque. Ce risque est fonction de l’âge, de l’état du muscle cardiaque, du type d’intervention, du degré d’urgence et d’évolution de la maladie cardiaque. Ce risque est en moyenne d’environ 2% toutes pathologies confondues et peut être calculé pour chaque patient.

Les saignements postopératoires liés aux traitements préopératoires, aux nombreuses sutures, à la nécessité de l’anticoagulation durant l’intervention, etc. Un saignement important peut imposer une réintervention. Une transfusion ne sera réalisée qu’en cas de nécessité.

Infection superficielle ou profonde de la zone opérée avec pour conséquence possible l’injection d’antibiotiques, une prolongation du séjour voire une ré-intervention. Ces infections sont plus fréquentes en cas d’obésité, de diabète ou de pontages. L’administration prolongée de certains antibiotiques (famille des aminosides) peut diminuer le fonctionnement des reins (insuffisance rénale). Les infections profondes sont rares mais plus graves, nécessitent une ré-intervention et peuvent mettre en jeu le pronostic vital.

Infection pulmonaire, urinaire ou sur les perfusions (cathéters), plus fréquents en cas de diabète.

Infarctus du myocarde ou mauvais fonctionnement cardiaque (insuffisance cardiaque), pouvant justifier le recours temporaire à une machine d’assistance circulatoire.

Anomalies du rythme cardiaque, trop rapide (arythmies), exposant à des risques d’embolies cérébrales, ou trop lent, pouvant alors nécessiter la pose d’un stimulateur cardiaque, “pile” ou “pace maker”. Un traitement anticoagulant est parfois nécessaire, temporairement ou de façon prolongée.

Insuffisance respiratoire, en particulier en cas d’antécédent de maladie respiratoire (bronchite chronique) mais pouvant parfois survenir même en l’absence d’antécédent. Risque de mauvais fonctionnement du diaphragme, responsable d’essoufflement (paralysie diaphragmatique).

Accident vasculaire cérébral (AVC) par embolie ou saignement avec paralysies partielles ou totales qui peuvent laisser des séquelles parfois non réversibles.

Insuffisance rénale, pouvant nécessiter une dialyse.

Epanchement de liquide dans l’enveloppe qui entoure le coeur (péricarde). Si la quantité de liquide est importante, une évacuation sera pratiquée; il s’agit d’une intervention courte qui nécessite habituellement une anesthésie brève. Le drain est laissé en place pendant quelques jours.

Troubles du sommeil, difficultés de concentration, parfois prolongés de quelques mois.

Irritation des nerfs des membres supérieurs et/ou inférieurs qui peut entrainer des fourmillements ou même une perte de la force et la sensibilité.

Complications digestives pouvant concerner l’estomac (gastrites ou ulcères) ou d’autres organes (vésicule, côlon) et qui peuvent survenir même en l’absence d’antécédents, Les nécroses de l’intestin (ischémie mésentérique) sont exceptionnelles mais graves et peuvent mettre en jeu le pronostic vital.

Escarres dans les zones d’appui (talons, fesses, arrière du crâne ...) en cas de réanimation prolongée.

La douleur postopératoire au niveau de la poitrine ou du dos est variable. Des calmants vous seront systématiquement donnés pour l’atténuer. Elle cède le plus souvent en quelques jours (2 à 4 jours en général). N’hésitez pas à prévenir l’équipe soignante rapidement si vous avez mal, les calmants seront adaptés et seront d’autant plus efficaces qu’ils vous seront donnés tôt.

Cette liste de complications ne doit surtout pas vous faire oublier que l’opération est prévue pour améliorer votre état de santé. Quelques jours après l’opération, dans la grande majorité des cas, vous pourrez déjà marcher puis monter les escaliers et enfin regagner votre service d’origine ou un service de convalescence. C’est la période de réadaptation qui commence alors.

Toute l’équipe, chirurgiens, médecins, anesthésistes, kinésithérapeutes, infirmières, aides-soignantes, psychologues, agents hospitaliers, diététiciennes, secrétaires seront à votre disposition et à votre écoute pour répondre à toutes les questions que vous pourriez vous poser. Ils connaissent bien le déroulement de votre séjour et vous donneront chaque fois que vous le souhaitez les renseignements que vous attendez, à vous même, ainsi qu’à votre personne de confiance ou à votre famille si vous le souhaitez.

Source : consentement IMM 2016.

 

 

Informations complémentaires (lien vers chirurgie cardiaque IMM)

Lien vers la rubrique "vous allez être opéré" du service de chirurgie cardiaque de l'Institut Mutualiste Monsouris

Vous trouverez dans cette rubrique toutes les informations nécessaires sur ce qu'il faut faire, et ne pas faire, avant, et après l'intervention.