Bulletin n° 41

 

 

LE MOT DU PRÉSIDENT

Chers Adhérents, Chers amis,
Depuis l’assemblée générale d’avril dernier et notre bulletin de mai 2016, le travail n’a pas manqué.
Nous avions en effet, deux soucis majeurs à résoudre :
- D’une part, essayer de convaincre certains responsables de services de chirurgie cardiaque de plusieurs hôpitaux de faire connaître notre association auprès de leurs opérés.
En effet, l’une de nos missions essentielles consiste à permettre à de jeunes médecins d’effectuer une année (au moins) de stage dans un service de recherche notoire afin d’intégrer
ensuite un poste de chirurgien au sein d’un service hospitalier de chirurgie cardiaque. Nos adhérents savent ce qu’ils leur doivent. Nous espérons y parvenir bientôt afin d’élargir notre capacité d’action, car ne l’oublions pas, il faut en moyenne 25 nouveaux adhérents pour financer une seule bourse, donc 5 fois plus d’opérés, car tous les opérés n’adhèrent pas.

- D’autre part, poursuivre notre financement de recherches dans des directions compatibles avec notre objet social. Ceci n’est pas facile, car nous ne souhaitons pas apporter notre dîme à des projets de recherches hors de proportions. Par exemple, nous ne souhaiterions pas participer au financement du cœur artificiel, projet gigantesque s’il en est.
Mais les projets dont la dimension et le but sont en rapport avec ce que nous sommes, ne sont pas légion. Cette année, nous allons participer au financement d’un projet de recherche expérimentale ou préclinique portant sur la «requalification par thérapie cellulaire du ventricule droit défaillant par surcharge chronique », dénommé « projet SHAPEHEART ».
Ce projet de recherche qui a débuté l'an dernier au Centre Chirurgical Marie Lannelongue, entre dans le cadre plus large du projet "Shapeheart" financé par la fondation Leducq. Il est animé par le docteur Virginie Lambert ; il se déroulera dorénavant au sein du laboratoire IMM Recherche.
- Nous vous avions déjà informés du projet animé par le docteur Maguette BA de créer un service de chirurgie cardiaque à Dakar. La prise en charge des malades est un enjeu important qui passe nécessairement par la mise sur pied d’infrastructures adaptées et surtout de moyens
humains à la hauteur de l’enjeu. Pour cela un besoin important de formation pour le personnel médical et paramédical en chirurgie cardiaque s’avère indispensable, mais ne peut être assuré sur place.
Il est donc nécessaire de participer à la formation d’un(e) perfusionniste, d’un(e) anesthésiste-réanimateur et d’un(e) infirmier(e) de réanimation. Cette formation va se faire sous la forme de stages de 3 à 6 mois dans un service hospitalier en France.
Ainsi, avec notre aide financière, l’IMM vient de prendre en charge la formation au cours du premier semestre d’un premier infirmier de salle d’opération. Deux autres devraient suivre.
- Enfin, l’ADETEC ne pouvant poursuivre son action que grâce aux cotisations et aux dons de ses adhérents, ouvrir de nouvelles sources de financement est l’un de nos soucis permanents. Ainsi, le conseil d’administration
tient à souligner le magnifique élan de générosité de l’un de nos adhérents, M. Assouline, qui envisage d’organiser une soirée de gala assortie d’une vente aux enchères d’œuvres d’art. Une fois payés les frais inhérents à une telle organisation, le bénéfice de cette manifestation culturelle et caritative sera intégralement reversé à l’ADETEC.
Les difficultés pour mettre sur pied un tel événement sont grandes mais le savoir-faire de M. Assouline dans ce domaine est également grand. Nous souhaitons donc que cette vente connaisse le plus grand succès possible et nous ne saurions trop insister pour que nos adhérents y participent. A priori, cette manifestation devrait se tenir dans le courant du mois de février 2017. Bien entendu, nous
vous tiendrons informés prochainement des dates et lieux de cette manifestation.
- En attendant, n’oubliez pas de renouveler votre adhésion, si ce n’est fait, et n’hésitez pas à inciter vos amis et parents à adhérer même s’ils n’ont jamais et ne seront jamais opérés du cœur !.

Docteur Jean BACHET
Le Président, Docteur Jean BACHE

 

LA VIE DE L’ASSOCIATION
(Par Georges MALGOIRE, Secrétaire Général)

Chers Amis de l’ADETEC, bonjour,
Un évènement important est à vous signaler : après trois années de négociation et la nécessité d’un recours en Conseil d’État par le Ministère de l’Intérieur, celui-ci vient enfin de nous adresser récemment l’ampliation du décret du Ministre (c’est-à-dire son accord) approuvant nos demandes de modification des statuts de l’ADETEC nous ouvrant la possibilité, désormais, de voter en Assemblée Générale soit par correspondance, soit en ligne, outre bien sûr, par la présence à la manifestation.
Une condition est toutefois mise à notre charge : établir et vous diffuser un « RÈGLEMENT INTÉRIEUR » résumant les procédures à respecter en la matière.
Nous vous adressons donc, ci-après, ce règlement.

EXTRAIT DU RÈGLEMENT INTÉRIEUR NOTE DE PROCÉDURE N° 1
Objet : VOTES en ASSEMBLÉES GÉNÉRALES
CONVOCATION des ASSEMBLÉES GÉNÉRALES

D’une façon générale, les convocations aux Assemblées Générales Ordinaires ou Extraordinaires seront adressées aux adhérents au moins 8 jours à l’avance (date de la Poste faisant foi), et si possible 3 semaines avant la tenue desdites Assemblées, ceci afin de permettre aux adhérents de pouvoir prendre connaissance attentivement des documents qui leur ont été adressés, puis de retourner leurs bulletins de vote par correspondance ou par internet (s’ils choisissent l’une de ces modalités) dans les délais requis.
Ces convocations contiendront :

Les dates et lieux de convocation, ainsi que la liste des experts intervenants et des sujets traités.
Le rapport d’activité du Président, résumant les principales actions de l’année écoulée et les prévisions d’activité de l’année en cours.
Le rapport financier du Secrétaire Général ou du Trésorier, faisant état du bilan à la fin de l’exercice précédent, de son annexe et du détail des résultats de l’année écoulée.
Le détail des résolutions soumises au vote des adhérents et portant notamment sur :
Le renouvellement des membres du Conseil d’administration.
L’approbation des comptes de l’année écoulée.
L’affectation des résultats de l’année écoulée.
L’approbation du budget de l’année en cours.
Le quitus de sa gestion donné au conseil d’Administration.
L’examen des sujets requérant l’approbation de l’Assemblée Générale ainsi que les informations qui sont portées à son attention.
En cas d’Assemblée Générale Extraordinaire, les thèmes mis à son ordre du jour et requérant son approbation.

PROCÉDURES DE VOTE :

Registre des adhérents :
Un registre des adhérents à jour de leurs cotisations à la fin de l’exercice précédent ou au jour de l’Assemblée Générale sera établi et émargé par :
les adhérents présents,
le/la secrétaire de l’Assemblée habilité à recevoir les pouvoirs des adhérents « représentés » (répartis entre les adhérents présents, bénéficiaires ou non des pouvoirs et à concurrence du nombre maximum de droits de vote prévu par les statuts).
le/la secrétaire de l’Assemblée pour ceux des adhérents ayant voté par correspondance ou par internet.

Modalités de vote
Les votes en Assemblée Générale peuvent être exercés selon l’une des 4 modalités suivantes :
Par la présence en Assemblée de l’adhérent,
Par remise d’un pouvoir à un autre adhérent,
Par envoi d’un bulletin de vote par correspondance,
Par le vote en ligne transmis via le site internet de l’Association.

Vote des adhérents présents à l’Assemblée Générale
Lors de la réunion en assemblée générale, il est remis aux adhérents présents et autorisés à voter un bulletin de vote préétabli sur lequel les adhérents peuvent décider de chacune des résolutions indiquées à l’ordre du jour. Ce document dûment complété est remis à la fin de l’Assemblée Générale pour être ensuite dépouillé par le secrétariat de l’Assemblée Générale.

Pouvoir confié à un autre adhérent ou membre du conseil d’administration
Un bulletin type de pouvoir est remis à chaque adhérent dans la convocation à l’Assemblée Générale.
En cas d’impossibilité pour l’adhérent de participer à l’Assemblée Générale, celui-ci retournera le pouvoir au Siège de l’ADETEC au plus tard la veille de la réunion, après l’avoir dûment complété et signé, sa signature étant précédée de la mention « bon pour pouvoir ».
Ce pouvoir peut être :

Nominatif (par exemple, remis à un chirurgien membre du Conseil). Auquel cas le bénéficiaire du pouvoir ne pourra l’exercer, conformément aux statuts, que s’il est présent à l’Assemblée et dans la limite maximum de 9 pouvoirs.
En blanc : dans ce cas les pouvoirs « en blanc » sont répartis entre les présents à l’Assemblée Générale, dans la limite de 9 pouvoirs par bénéficiaire.

Vote par correspondance :
Lors de l’envoi de la convocation à l’Assemblée Générale, il est adressé en outre à chaque adhérent :
Un bulletin de vote de couleur blanche, à compléter par l’adhérent.
Une enveloppe de couleur destinée à recevoir le bulletin de vote de l’adhérent que celui-ci scellera.
Une enveloppe blanche comportant les nom, prénom et numéro d’adhérent.
L’adhérent y insèrera l’enveloppe de couleur et adressera le tout au siège de l’ADETEC.
A réception, le vote de l’adhérent sera mentionné sur le registre des adhérents autorisés à voter.
Tout bulletin reçu d’un adhérent non autorisé à voter ou
au-delà de la veille à 17 heures du jour de la réunion sera considéré comme nul et détruit par le secrétaire de l’Assemblée en présence de 2 assesseurs.
A l’issue de la réunion en Assemblée Générale, les enveloppes de vote seront ouvertes et il en sera procédé au dépouillement des résultats. Les bulletins de vote seront conservés durant 2 mois.

Vote "en ligne" :
(connaissance prise des recommandations de la CNIL (délibération n° 2010-371 du 21 octobre 2010) :
Le vote en ligne (ou par internet) correspond à la dématérialisation du vote par correspondance.
Le vote par internet sera ouvert dès l’envoi de la convocation par le secrétariat de l’Adetec à l’adhérent 8 jours au moins avant le jour de l’Assemblée Générale, avant 9 heures.
Pour pouvoir voter chaque adhérent inscrit sur le site https de l’ADETEC devra se connecter une première fois afin de manifester son intention de voter en ligne.
Pour cela, il mentionnera son identifiant personnel ou son adresse @mail, et son mot de passe (qu’il est le seul à connaître). Il pourra alors accéder à un onglet spécifiquement dévolu au vote en ligne .
Le secrétariat de l’Assemblée s’assurera que l’adhérent est autorisé à voter (à jour de ses cotisations) et un signal lui sera alors adressé dans les meilleurs délais dès que cette vérification sera effectuée.
Cet onglet lui permettra également d’accéder à la copie de la convocation, voire à des documentaires sur les sujets développés, au CV des candidats au poste d’administrateur,etc …
Grâce à cet onglet, l’adhérent autorisé à voter, pourra alors accéder au bulletin de vote et le compléter de ses choix.
S’ouvrira alors automatiquement une page rappelant les intentions de vote de l’adhérent et l’invitant, après vérification, à confirmer son choix. Ce choix est alors définitif.
Le vote en ligne sera clôturé la veille du jour de la réunion de l’Assemblée Générale à minuit.
Le vote de l’adhérent est crypté et un « e-accusé de réception » est communiqué à l’adhérent.
« L’enveloppe » virtuelle de son vote est transmise dans une « urne » de vote électronique inaltérable qui ne conservera aucune trace logique ou physique de l’ordre d’arrivée des enveloppes de vote.
Pour pouvoir accéder aux résultats du vote, deux personnes au moins seront désignées par le secrétaire de l’assemblée générale qui devront disposer d’un compte sur le site « adetec-cœur.fr » et avoir été reconnues par l’administrateur du site dans la liste des personnes « responsables du vote ».

Décompte des résultats :
Le décompte final des résultats est alors établi par le/la secrétaire de l’Assemblée en présence de deux responsables du vote. Les résultats sont communiqués aux adhérents :
sur le site internet dès qu’ils seront connus,
dans le plus prochain bulletin d’informations de l’association (en principe dans le courant du mois qui suit) qui donne en outre le compte-rendu de l’Assemblée.

Sécurité des votes :
Le principe de « 1 seul vote possible par adhérent » (hormis les pouvoirs reçus) sera assuré dans l’ordre suivant :
Ont priorité, les votes par internet.
Tout vote par correspondance reçu d’un adhérent ayant déjà voté en ligne sera détruit en présence des membres responsables du vote.
Tout adhérent ayant déjà voté en ligne ou par correspondance et qui serait tout de même présent lors de l’assemblée générale ne sera pas autorisé à voter. Il ne lui sera pas distribué de bulletin de vote de couleur à son arrivée en salle.

MODE D’EMPLOI DU VOTE EN LIGNE

Le vote par Internet et par correspondance, seront opérationnels dès la prochaine Assemblée Générale de 2017.
La procédure de vote par Internet, mise en place sur notre site
www.adetec-coeur.fr, se veut, aussi simple et accessible que possible, tout en restant conforme au règlement intérieur, .
Elle est disponible sur tout ordinateur, tablette ou téléphone portable et ne nécessite pas de débit important. Une simple connexion internet est suffisante . .

Cependant, un certain nombre de règles doivent être respectées. Trois conditions principales sont nécessaires pour pouvoir voter par Internet :
1 – disposer d'un compte sur le site. Si ce n'est pas le cas, créez en un.
2 – Dans vos données personnelles, cochez l'option "Inscription au Vote par Internet".
3 – Soyez à jour de vos cotisations.

L'inscription sur le site, ainsi que le choix de l'option "Vote par Internet" peuvent se faire à tout moment de l'année.
Toutefois, les inscriptions faites après l'ouverture du scrutin, ne seront pas prises en compte pour le vote de l'AG de l'année en cours.

Deux semaines avant l'ouverture du scrutin par Internet, vous serez informé par courriel de votre possibilité de voter ou non par Internet.
A partir de cette même date, vous disposerez, sur le site de tous les éléments nécessaires à votre prise de décision (rapport des comptes, affectation des bourses et ressources pour la recherche, nominations du bureau, etc…).


Le Scrutin par Internet
Le scrutin par internet est ouvert pendant les deux semaines qui précèdent la date de l'Assemblée Générale. Il se termine la veille de l'Assemblée Générale à Minuit (0h00).

L'accès au vote se fait à partir de l'Espace Adhérents en cliquant sur l'image  Vote par Internet "vote par internet".
Si vous n'avez pas coché l'option "vote par internet" dans vos données personnelles, vous serez aiguillé(e) vers une page d'aide, vous expliquant comment voter par internet.
Dans la majorité des cas, vous aurez déja coché cette option, et vous serez conduit(e) vers votre page de situation de votant.

Cette page vous indique, tout d'abord, quelle est la situation du scrutin (ouvert, pas encore ouvert ou fermé) ainsi que les dates de début et de fin de ce scrutin.

Suivent les indications vous concernant (identifiant de connexion, adresse de courriel) ainsi que votre situation de votant, qui peut être :
- en cours de validation :    ==> un mail vous informera quand la validation aura été réalisée.
- validée :  ==> lorsque le scrutin est ouvert, un bouton vous permet d'accéder au bulletin de vote ;
- a voté le (date et heure)   ==> un bouton vous permet de déclencher l'envoi d'un mail de confirmation
- confirmation de vote envoyée le...

Seuls les votants habilités ont accès au bulletin de vote.


Le vote est définitif. Une fois le vote effectué, vous avez la possibilité de demander l'envoi d'un mail de confirmation de vote.
Le dépouillement du scrutin a lieu en fin d'assemblée générale, sous la responsabilité du Président de l'Adetec et du Secrétaire Général.
Les résultats sont publiés immédiatement sur le site, puis dans le bulletin qui rendra compte de l'AG.
Donc, n'hésitez pas à vous inscrire dès maintenant.


 

 

LA VIE DE L’ASSOCIATION AU PREMIER SEMESTRE 2016

Signe de vitalité de votre association, le nombre de nouvelles adhésions enregistrées au cours de ce semestre est en augmentation significative par rapport au  premier semestre de l’année précédente.

Plusieurs boursiers ont démarré leurs travaux au cours du semestre, et notamment :
Le docteur Pierre DEMONDION (développement d’un nouveau circuit d’ECMO pulsé).
Le docteur Auréline BOITET (troubles trophiques au niveau des membres inférieurs ).
Le docteur Emmanuel NOLY (altérations mitochondriales des cardiomyocytes du ventricule droit défaillant).
Le docteur Anthony N’GUYEN (transplantation cardiaque hétérotopique)
Le docteur Julien DEWOLF (classification moléculaire des mésothéliomes pleuraux malins).
Le docteur Jean SENEMAUD (Imagerie moléculaire in vivo du remodelage neutrophilaire du thrombus endoluminal dans les anévrysmes de l’aorte abdominale).
Le docteur Antonella GALEONE (évaluer l`association entre le taux sérique de diverses protéines solubles des donneurs et receveurs sur la mortalité après transplantation cardiaque).  
Le docteur Nadia BOUABDALAOUI (perfectionnement en insuffisance cardiaque avancée/transplantation/assistance circulatoire).    
Par ailleurs, une dizaine environ de nouvelles conventions de bourse pourraient être signées cette année.

 

 

ROBOTS ET CHIRURGIE CARDIAQUE

Par le docteur Jean BACHET, président de l’ADETEC

Depuis quelques années, l’introduction massive des techniques d’informatique dans toutes les activités a évidemment atteint la médecine et l’on ne peut plus concevoir d’équipement hospitalier ou de moyens de diagnostic, de surveillance ou de traitement qui échappent à ce formidable outil.
Un des développements les plus sophistiqués de ce phénomène est l’apparition d’appareils très complexes, censés faciliter les gestes chirurgicaux et permettre leur réalisation à distance. C’est ce que rapidement  et par un raccourci facile mais inexact, on a appelé : le Robot.
La presse s’est emparée du phénomène et depuis plusieurs années des articles de presse, des émissions de radio ou des reportages télévisés ont pu donner l’impression qu’une véritable révolution était en train de s’opérer, que l’utilisation de ces appareils allait rapidement devenir routinière et que déjà la chirurgie sans robot était obsolète pour ne pas dire « ringarde ». En particulier, la comparaison avec l’aéronautique et le fonctionnement des avions modernes a été abondamment et abusivement employée.
Ainsi on a pu annoncer à grand bruit que des  pontages coronaires ou/et des réparations valvulaires avaient été réalisés grâce à ce matériel, sans ouverture de la poitrine et sans autre agression que quelques petits trous dans la paroi thoracique.. Ceci a, une fois de plus, été présenté, comme la quintessence du progrès chirurgical en la matière, et comme la mort annoncée de toute technique plus traditionnelle. C’est peut-être aller vite en besogne.

C’est pourquoi, il semble utile de préciser un certain nombre de points en ce qui concerne cette technique et ces outils pour que les opérés et surtout les futurs opérés ne soient pas bercés d’illusions ou tout simplement induits en erreur par défaut d’information.

Passons rapidement sur l’intervention de pontages coronaires. Il s‘agit dans la plupart des cas décrits de pontages isolés d’une  artère coronaire située sur la face antérieure du cœur avec l’artère mammaire interne gauche. Si ce type de pontage est extrêmement courant, pour ne pas dire systématique, il s’intègre généralement dans des interventions comprenant de multiples pontages. Les pontages sur une seule artère ou « mono pontages » constituent, en effet, une infime minorité des pontages effectués chirurgicalement, car les lésions n’intéressant qu’une seule artère coronaire sont très généralement traitées non chirurgicalement  par dilatation et mise en place d’endoprothèses par les cardiologues interventionnels. Or, la plupart des patients adressés au chirurgien ont besoin de multiples pontages, ce que, jusqu’à plus ample informé, les techniques vidéo-assistées ou robotiques permettent difficilement.

De même, le fait de ne pas utiliser de circulation extra-corporelle et de réaliser les  pontages « à cœur battant » en utilisant un certains nombre d’artifices pour immobiliser la zone de suture, est devenu assez courant et ne constitue plus ni une nouveauté, ni une prouesse.
Seul, donc, mérite qu’on s’y arrête, le fait que ces opérations, par ailleurs habituelles, sont faites «  indirectement » avec des outils commandés à distance et non plus placés directement dans la main du chirurgien.

Que sont, en effet, les Robots chirurgicaux ?

Ces machines représentent, l’évolution la plus achevée des techniques chirurgicales dites « Vidéo-assistées ». Il s’agit par ces méthodes, d’introduire dans le malade, par des orifices ou des incisions très réduits, une caméra et des instruments permettant de réaliser le geste chirurgical  avec le moins d’agression possible et en contrôlant les   gestes sur un écran vidéo.
Ces techniques se sont révélées très efficaces et utiles dans un certain nombre de  spécialités, comme la chirurgie digestive, gynécologique, urologique ou thoracique et pulmonaire. Leur indication en chirurgie  cardio-vasculaire s’est révélée plus restreinte à l’exception de l’excellente indication que constitue la chirurgie de la valve mitrale, et certaines interventions de chirurgie cardiaque chez le nourrisson ou l’enfant.
Pouvoir utiliser la vidéo-chirurgie  à distance était très tentant. C’est pourquoi furent développées (à la suite de travaux de la  NASA et de l’armée américaine) ces machines extraordinaires, sitôt baptisées Robots.
Le nom même que l’on donne à ces appareils est erroné. Par glissement sémantique, on appelle Robots, des machines qui ne sont que des télémanipulateurs. Grâce à des bras articulés reproduisant tous les mouvements de la main (pince, rotation, flexion, extension, etc...) et commandés à distance, ils permettent, en effet,  au chirurgien d’effectuer des gestes opératoires en étant assis, à distance du malade, devant une console de contrôle et de commande. Il voit le champ opératoire sur un écran ou dans des lunettes 3D, grâce à la caméra qui peut se déplacer par commande vocale ou manuelle, selon les appareils. Par ailleurs, la machine peut, par des filtres électroniques, réduire le tremblement manuel individuel et amplifier ou limiter le geste du chirurgien. Mais, à la différence évidente du geste manuel direct, il n’y a pas encore de retour de sensations (résistance des tissus, solidité des éléments anatomiques etc...) bien que très récemment une société industrielle a annoncé la mise au point d’outils transmettant au chirurgien cet effet tactile. Mais ceci reste encore dans le domaine de l’expérimentation.
Un  des éléments majeurs de la robotique manque.
La machine ne fait que transmettre à distance le geste du chirurgien. Dans l’état actuel des choses, il n’y a aucune automatisation des gestes ni aucun moyen de mise en séquence des actes, ce qui est le propre des robots (que l’on pense à la façon dont sont construits les  automobiles ou les composants électroniques, par exemple). De même, aucun repérage spatial des éléments anatomiques n’est encore possible. Ceci constitue, bien sûr, l’inconvénient majeur de ces appareils : les gestes restent les gestes classiques de la chirurgie. A ceci près qu’ils sont effectués  à distance sous contrôle indirect de la vue, avec des outils moins rapides et moins spontanés que la main. Ceci demande donc un apprentissage important. Par exemple la réalisation de simples nœuds, qui pour un chirurgien est un automatisme inconscient, devient un geste réfléchi, délicat demandant une habileté certaine. Malgré l’apprentissage, les gestes restent difficiles et donc beaucoup plus longs que lors de la chirurgie conventionnelle. Il est bien évident que la durée de l’intervention s’en ressent et que ceci annule en grande partie l’aspect « moins agressif » de la méthode.
Par, ailleurs, les techniques de circulation extracorporelle, lorsqu’elles sont rendues indispensables par le type d’intervention pratiquée (ouverture des cavités cardiaques, par exemple) ont dû être modifiées pour pouvoir être utilisées sans ouverture du thorax par voie périphérique et percutanée. Mais les techniques proposées restent plus incertaines que les méthodes conventionnelles.
Un autre inconvénient, moindre mais incontestable, est l’encombrement de ces machines dans la salle d’opération et la difficulté que l’on peut rencontrer à convertir l’intervention sous « robot » en intervention classique, en cas de complication aiguë vitale.

Enfin ces appareils sont extrêmement onéreux.
Tout ceci en limite grandement la diffusion. Plus encore en chirurgie cardio-vasculaire où la complexité des gestes opératoires, le fait que les dissections et résections soient limitées et, qu’au contraire, les reconstructions, les sutures constituent les gestes essentiels, font que les indications sont pratiquement inexistantes. Les quelques expériences cliniques suivies et pouvant faire état d’un nombre significatif de malades se comptent sur les doigts des deux mains dans le monde. Les résultats publiés jusque-là ne montrent aucune supériorité sur les résultats de la chirurgie conventionnelle. Au contraire. Certains accidents ont même été  rapportés qui posent une question morale. De ce fait, d’ailleurs, certains pionniers de la méthode ont renoncé à son emploi.

Faut-il condamner les Robots chirurgicaux ?

Certes, non. Il faut simplement se demander si ces appareils à la technologie très sophistiquée et mal adaptée aux exigences de certaines disciplines chirurgicales ne sont pas sortis trop tôt du laboratoire. En effet, on aurait pu attendre de l’industrie, d’une part, et de la communauté médicale d’autre part, qu’elles fassent que des procédures expérimentales de validation plus poussées, plus exigeantes et plus élaborées soient menées à leur terme avant d’introduire les machines en clinique humaine. La comparaison avec l’aéronautique prend là toute sa valeur car, dans ce domaine, aucun nouveau matériel, aucune nouvelle technique ou procédure ne sont introduits sans que tous les éléments en soient vérifiés, certifiés, validés, par des instances indépendantes. Et surtout sans que les hommes y soient longuement formés. Quitte à revenir en arrière si besoin est.
Rien de tout cela en chirurgie, où le dynamisme et les pressions de l’industrie et le jugement des praticiens suffisent seuls à emporter la décision d’introduire une nouvelle technique et où aucune instance indépendante régulatrice n’intervient et où, par ailleurs, aucune formation ou évaluation technique régulière n’est exigée ni même proposée par les instances de tutelle, qu’il s’agisse du Ministère, des établissements hospitaliers, du Conseil de l’Ordre, des Sociétés savantes, etc... Ceci pose évidemment une question majeure, à la fois en ce qui concerne l’indépendance du monde chirurgical vis-à-vis de l’industrie et son contrôle par des instances régulatrices (étatiques ou non) alors que la technostructure est de plus en plus complexe.

Mais ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain.
Les « Robots » restent de magnifiques outils appelés probablement à un important développement et à un grand avenir. A la condition que soient rapidement mises au point les techniques de repérage spatial des structures anatomiques, de sutures automatisées et très rapides, de séquençage des actes et de sécurisation des gestes. Bref que les appareils deviennent enfin des robots et non plus des télémanipulateurs. Restent également à développer pour la chirurgie cardiaque des techniques de circulation extracorporelle pouvant être mises en place sans les dangers et les inconvénients majeurs qu’impliquent les méthodes proposées actuellement.
On peut faire confiance pour tout cela à l’industrie  car les intérêts financiers en jeu sont considérables. On peut également faire confiance à la communauté chirurgicale,  éprise de progrès technologique et surtout toujours désireuse de mieux soigner, au prix de la moindre agression et de la moindre souffrance possible.
Le robot aura, par ailleurs, l’avantage (et ce n’est pas son moindre intérêt) de permettre vraiment la chirurgie à distance et l’on pourra peut-être parler bientôt de « télé-chirurgie », comme on parle de « télé-conférences ». On peut parfaitement imaginer, par exemple, qu’un chirurgien non-spécialiste opérant sur un navire, dans une expédition australe, ou tout simplement dans une ville dépourvue de moyens logistiques appropriés, soit confronté à un problème vital requérant la compétence d’un spécialiste. Celui-ci, pourra, grâce au  robot, mener de concert l’intervention et guider son collègue. Ceci n’est pas de la science-fiction. C’est un projet qui est en  route et qui ne demande que des moyens de communication très puissants et en particulier des canaux de télétransmission à très haut débit.
Enfin, et pour reprendre, l’exemple rebattu de l’aéronautique, le robot, utilisé comme simulateur, pourrait bientôt devenir un formidable outil de formation des futurs chirurgiens en permettant grâce à des logiciels interactifs réalistes, de simuler des opérations habituelles ou inhabituelles, des accidents inopinés, des situations d’urgence, etc...

Il faut donc, vis-à-vis de ces machines savoir raison garder. Pas d’enthousiasme excessif et prématuré. Pas de mépris infondé. La technologie médicale et chirurgicale ne cesse d’avancer.
Les « robots » font certainement partie de ces progrès. Mais ils ne sont en rien les appareils miraculeux annoncés à grands cris par certains et dénoncés avec véhémence par d’autres.  Ils ne sont qu’un outil, simplement beaucoup plus compliqué et beaucoup plus onéreux que les outils chirurgicaux habituels. Et pour l’instant pas plus efficaces. Ils ne feront jamais l’opération à notre place. Mais il est très possible sinon probable que la (ou les) prochaines générations chirurgicales utiliseront ces appareils (ou plutôt leurs descendants)  de façon régulière. C’est déjà le cas pour certaines indications dans quelques spécialités telle l’urologie.

Dr Jean Bachet.

 

ÉVALUATION DE LA PROCÉDURE DE ROSS en échographie et en IRM à l’effort.

Etude RACE (Ross Assessment with stress CMR and Echocardiography).
(Par le docteur Emmanuel NOLY, boursier de l’ADETEC à l’institut de Cardiologie de Montréal)

Rationnel de l’étude :
Les adultes jeunes (âge < 65 ans) représentent 15-20% des patients opérés pour une pathologie valvulaire aortique. Lorsque la réparation de la valve aortique n’est pas possible, le choix du substitut valvulaire fait toujours débat entre les prothèses biologiques, les prothèses mécaniques ou les autogreffes pulmonaires (procédure de Ross). Aucune de ces solutions n’est parfaite et malheureusement, les données actuelles de la littérature ne permettent pas de définir la meilleure option, notamment pour l’adaptation du ventricule gauche. Il est donc nécessaire de réaliser des études supplémentaires afin de déterminer la meilleure option de substitut valvulaire pour ces patients jeunes (18 à 64 ans).
Notre projet de recherche consiste à étudier la fonction du ventricule gauche en échographie et en Imagerie par Résonnance Magnétique (IRM) au repos et à l’effort, après un remplacement valvulaire aortique soit par une prothèse mécanique, soit par une autogreffe pulmonaire (procédure de Ross). Il s’agit donc d’une étude d’imagerie de la fonction cardiaque, non invasive, au repos et à l’effort.
Ces examens sont à la pointe de la technologie pour l’étude de la fonction ventriculaire gauche. Les données obtenues seront comparées à celles mesurées chez des adultes jeunes en bonne santé, sans anomalie de la valve aortique.
L’échocardiographie d’effort (figure A) est un test réalisé en routine pour l’évaluation cardiaque de patients atteints de pathologie valvulaire. C’est un examen validé scientifiquement, sécuritaire, qui évalue la fonction cardiaque à l’effort, permettant de détecter des anomalies non visibles au repos.
L’IRM est un outil récent non invasif (figure B) et sûr, quand les consignes de sécurité sont respectées. Cet appareil est devenu un outil de diagnostic de référence pour les patients cardiaques de par notamment, sa très grande précision dans la mesure des volumes cardiaques.

But de l’étude :
Le but de cette étude est double:
(1) rechercher quel est le substitut valvulaire associé à la meilleure adaptation du ventricule gauche
(2), étudier la fonction ventriculaire gauche en IRM d’effort et valider ces résultats à partir du « gold standard » : l’échographie de stress.

En cas de différence importante d’adaptation du ventricule gauche entre les patients avec une prothèse mécanique et une autogreffe pulmonaire, cette étude permettrait de mieux définir le traitement idéal en cas de nécessité de remplacement de la valve aortique. Le critère principal de jugement est l’élastance ventriculo-valvulaire qui est le reflet de l’interaction entre la nouvelle valve aortique et le ventricule gauche.
Pour la réalisation de ce projet, 50 participants sont  requis : 20 opérés avec une prothèse aortique mécanique, 20 patients opérés avec une autogreffe pulmonaire (procédure de Ross) et 10 sujets volontaires sains.

Avancée du projet :
Le recrutement des patients a débuté au mois d’avril 2016. Le groupe des sujets sains a été intégralement recruté et évalué en échographie et en IRM d’effort. Cinq patients ayant eu une autogreffe pulmonaire et 3 patients ayant eu une prothèse mécanique ont également été inclus.
La fin du recrutement est prévue pour septembre 2017.

Figure A
On réalise une échographie à l’effort (augmentation par palier de 20 watts toutes les 2 minutes jusqu’à épuisement)
et une mesure de la consommation maximale en oxygène.

 

 

Figure B ->
Appareil de résonnance magnétique 1,5 Tesla avec ergocycle compatible.
Le patient est allongé sur la table et pédale en position allongée pendant l’acquisition des images.